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Deux médecins à la barre d’un Chirec qui veut renforcer le lien entre l’hôpital et les MGs

A la tête du Chirec, le binôme composé par le Dr Philippe El Haddad, Directeur Général Médical et le Dr Benoît Debande, Directeur Général Administratif et Financier et Directeur  du Département des Systèmes d’Information, a commencé un travail en profondeur. Le lien entre l’hôpital et les médecins généralistes sera renforcé.

A la tête du Chirec, le binôme composé par le Dr Philippe El Haddad, Directeur Général Médical et le Dr Benoît Debande, Directeur Général Administratif et Financier et Directeur  du Département des Systèmes d’Information, a commencé un travail en profondeur. Les deux hommes se connaissent… sans se connaître. « Nous sommes de la même promotion. Nous n’avons pas fait nos stages dans les mêmes services mais nous nous sommes déjà rencontrés dans des réunions informelles », explique le Dr Benoît Debande qui a pratiqué la médecine générale de 1986 à 1991 à Gentinnes. Depuis quelques jours, ils enchaînent les réunions de travail et appréhendent les nombreux défis.

Des médecins rassurés

Pour le Dr Philippe El Haddad, ce binôme est « indispensable parce que le travail à la tête d’un hôpital a profondément évolué. Tout est tellement plus compliqué avec 4.000 travailleurs dont 1.170 médecins. Le Chirec est devenu une petite ville et une seule personne ne peut tout gérer. » Il rappelle que de son côté, il a « l’expérience des sites et qu’il fait partie du Conseil d’Administration depuis 2000. L’atout du Dr Benoît Debande, outre ses compétences techniques et médicales, est qu’il vient avec un regard extérieur. » Un élément que ce dernier confirme : « J’ai toujours visé la complémentarité et nos parcours le sont ».

Une maison médicale et le lien avec les généralistes

Le profil spécifique du Dr Benoît Debande, médecin généraliste, va permettre de continuer l’évolution de l’hôpital : « J’ai vécu pendant 5 ans, comme médecin généraliste, les frustrations qui peuvent exister lorsque la relation n’est pas optimale. Le lien entre la famille, l’hôpital et le médecin généraliste, dans le cadre d’une communication en temps réel, est indispensable. » Son expérience devrait le servir : « A Saint-Luc, j’avais développé un système qui assurait un bon suivi entre l’hôpital et le médecin généraliste. La vision holistique du patient se perd parfois chez le spécialiste. Le généraliste a l’opportunité de pouvoir voir le patient dans son milieu de vie et cela aide à mieux le traiter. ».

Des réunions avec les généralistes

Cette démarche médicale s’inscrit dans un travail en cours, comme le rappelle le Dr Philippe El Haddad : « Nous avons fait énormément de réunions avec les médecins généralistes des environs. Nous organisons sur chacun de nos sites un nombre important de séminaires, et ce dans toutes les spécialités. A terme, il est prévu la mise sur pied d’une maison médicale qui s’installera en face de l’hôpital Delta ». La prochaine étape se jouera effectivement en dehors du site aussi : « A l’avenir, il faudra mettre en place des équipes mobiles « en post-hôpital ». Le personnel médical de l’hôpital devra se déplacer pour faire le lien entre le généraliste et les patients qui sortiront de plus en plus tôt. »

Les outils technologiques 

Toutes ces évolutions se feront dans un cadre de grands bouleversements technologiques, comme l’explique le Dr Benoît Debande. « Nous pouvons mettre en place des outils technologiques pour améliorer la relation avec le généraliste et l’hôpital mais nous ne pourrons pas tout faire. Par ailleurs, la technologie n’est pas toujours la réponse adéquate à un manque de communication. » Il ne cache pas que « l’Institution sera aussi tributaire des choix des éditeurs de logiciels, même si nous ne manquerons pas de les orienter pour améliorer les outils. Il ne faut cependant pas faire de la technologie pour faire de la technologie. ». Un avis partagé par le Dr Philippe El Haddad qui insiste sur le fait qu’il convient de « viser l’excellence technologique ».

Un hôpital qui grandit 

Pour le Chirec, ce virage sera d’autant plus stratégique que l’hôpital est en pleine croissance, comme le confirme le Dr Philippe El Haddad : « L’activité ne fait qu’augmenter tant au niveau des activités programmées que des non-programmées. Nous avons fait 18% en plus sur le site Delta en 2018 et 9% en plus sur l’ensemble du Chirec. Pour 2019, nous sommes déjà à 9% en plus sur Delta et 6% sur l’ensemble du Chirec. Cette croissance continue est rassurante pour le personnel médical et non-médical. » Il se projette d’ailleurs avec confiance : « Nous aurons dans l’avenir la possibilité d’agrandir l’hôpital en l’augmentant de 30 lits supplémentaires. Actuellement, son occupation  tourne autour de 80%, c’est un énorme challenge. »

Conscient de la crise 

Malgré cette croissance, les deux Directeurs ont conscience des difficultés du secteur : « La charge de travail a explosé partout. Nous sommes dans une situation où l’on a perdu le sens du métier d’infirmier», dit le Dr Benoît Debande.  « Il faut arrêter, par les différentes réformes, de déshumaniser l’hôpital.» De son côté, le Dr Philippe El Haddad attire l’attention sur le fait que « les malades ne sont pas moins bien soignés qu’avant, mais le personnel n’a plus de temps pour l’empathie. Ce ras-le-bol est ressenti tant par le personnel de santé que par le personnel administratif. Il faut d’urgence revoir le financement des hôpitaux.» Ils ne cachent donc pas « soutenir le mouvement des blouses blanches. Nous constatons un raccourcissement des durées de séjours de 30%. Il n’y a plus que des malades aigus dans les hôpitaux et ce sont les infirmières qui en souffrent.». L’urgence est là pour les mois à venir.

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