L’intelligence artificielle (IA) prend de plus en plus de place dans notre quotidien, y compris dans nos hôpitaux. Pour le Dr Benoit Debande, Directeur général administratif et financier et Directeur informatique au Chirec, l’IA constitue une aide indéniable pour les médecins ainsi qu’un facilitateur d’échanges entre médecins hospitaliers et médecins généralistes.
Au Chirec, le recours formalisé à l’IA remonte au début de la période Covid avec l’implantation sur le site de Delta d’un outil dont l’objectif était d’identifier les fractures potentielles au niveau du membre supérieur dans le service des Urgences.
« Cet outil est intégré dans le flux de travail du radiologue et de l’urgentiste de telle sorte que le système envoie la radiographie à l’IA et que le médecin reçoive l’image avec les suspicions de fracture entourées. Cet outil permet d’attirer l’attention du médecin sur une fracture potentielle. Elle constitue donc une aide appréciable au médecin », rapporte le Dr Debande. « Au départ, nous avons testé l’outil sur le site de Delta. Aujourd’hui, vu notre satisfaction, nous l’avons élargi à l’ensemble de nos sites.»
Toujours en imagerie, le Chirec est en train de déployer un outil qui permet de repérer les zones potentiellement tumorales dans les mammographies. « L’idée n’est pas de remplacer l’humain, mais d’assurer une deuxième lecture par de l’IA et c’est une combinaison qui va porter ses fruits », martèle le Directeur général du Chirec.
Une autre utilisation gagnante de l’IA dans l’institution se situe en gastro-entérologie dans la détection des cancers colorectaux : « Pendant la réalisation de l’endoscopie, les images sont envoyées à un boitier d’IA qui aide le gastro-entérologue à repérer les zones suspectes. Il s’agit d’un système que nous avons déployé sur tous nos sites il y a un peu plus d’un an », indique Benoit Debande.
Plus sûr, plus rapide et plus personnalisé
Par ailleurs, afin que l’utilisation de l’IA par les médecins s’inscrive dans le respect du RGPD, le Chirec a décidé de développer deux outils destinés à réaliser des résumés des dossiers patient et à rédiger des propositions de lettres de sortie.
« La grande différence avec une utilisation de l’IA comme par Monsieur tout le monde est que nous anonymisons d’abord toutes les données du patient avant de les envoyer à l’IA. De plus, nous nous assurons avec le fournisseur d’IA que les données ne soient pas réutilisées à d’autres fins », souligne Benoit Debande.
En outre, l’IA permet aussi d’accélérer et d’améliorer la communication entre les médecins hospitaliers et les médecins généralistes : « Grâce à cet outil d’aide à la rédaction des lettres de sortie, les médecins gagnent un temps non négligeable, ce qui leur permet d’envoyer les lettres de sortie des patients beaucoup plus rapidement à leurs confrères généralistes. Et qui plus est, ces courriers sont aussi plus complets car l’IA a brassé les infos plus largement », relève le Directeur général et informatique du Chirec.
Et le Dr Debande de conclure : « Et nous n’en avons pas fini avec l’IA. C’est chaque jour que nous allons découvrir ce qu’elle peut nous apporter. L’un de nos projets est de l’utiliser pour organiser cette lettre de sortie afin qu’elle corresponde au mieux aux attentes des médecins à qui elle est envoyée, notamment des médecins généralistes ». Découvrez également dans Le Spécialiste l’intervention de Philippe El Haddad, Directeur général médical du Chirec, lors du congrès Health On Stage sur le financement de l’IA à l’hôpital et la sélection des solutions IA.