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Quid des infections autres que la Covid-19 cette année?

La question mérite en effet d’être posée au cours de cette pandémie qui nous atteint de plein fouet. Il ne faudrait pas oublier non plus la grippe, le virus respiratoire syncytial (RSV) ou encore les bronchiolites, par exemple. Nous avons rencontré les Drs Christophe Compère et Muriel Van Vaerenbergh, respectivement du service de pneumologie au CHIREC – site Delta et du service de pédiatrie au CHIREC – site Braine-l’Alleud.

La grippe saisonnière connaît son apogée habituellement en début d’année. Or, cette année, les courbes publiées par Sciensano montrent que nous n’avons pas atteint le seuil épidémique. Les explications sont probablement multiples. Cependant, le Dr Compère en retient principalement une. « Il est évident que les mesures de distanciation physique, la réduction du nombre de contacts et le port du masque constituent certainement les raisons majeures pour lesquelles les virus grippaux ont provoqué peu d’infections cette année. A l’hôpital Delta, nous n’avons pas rencontré un seul cas de grippe. »

On pourrait croire  alors que le SARS-CoV-2 ait détourné l’attention des laboratoires avec un nombre de tests grippaux moins importants. « En fait, les laboratoires référents
même temps les échantillons reçus tant pour la Covid-19 que pour la grippe. Le constat est sans appel, il n’y a eu que peu de virus grippaux décelés. Notre attention a donc été aussi vive que les autres années pour la grippe »
, explique le Dr Christophe Compère.

Plus de vaccins ?
On pourrait alors penser que la vaccination antigrippe a été plus intense. « Il est vrai que le nombre de doses commandées par la Belgique a été un peu plus important cette année en prévision d’une demande accrue due à la pandémie de Covid-19. Cependant, nous n’avons pas assisté à une augmentation exponentielle de la vaccination antigrippale. Nous devrions d’ailleurs améliorer  le taux de vaccination tant dans les groupes à risque que chez le personnel soignant », précise le pneumologue. Et de conclure, « les mesures prises pour éviter la transmission de la Covid-19 devraient nous servir de leçon pour les années futures afin de réduire l’incidence des autres maladies respiratoires. »

Et les enfants ?
Du côté des infections pédiatriques, le constat est le même. « Entre octobre 2020 et début mars 2021, nous n’avons plus vu de bronchiolites ou de gastro-entérites dans notre service de pédiatrie. Les infections urinaires n’ont quant à elles pas diminué », explique le Dr Muriel Van Varenbergh, pédiatre à l’hôpital de Braine-l’Alleud. «  La raison principale est la réduction du nombre de contacts entre enfants à l’école ou dans les crèches ainsi qu’une meilleure désinfection. Ce constat avait déjà été fait en Australie au cours de l’été (pour nous). Cependant, ils ont connu là-bas à la suite du déconfinement une augmentation très importante du nombre de cas d’infections au RSV plus que les autres années. C’est d’ailleurs ce que nous devons craindre pour les mois à venir, voire pour l’année prochaine chez les enfants de 0 à 2 ans qui n’auront pas pu construire leur immunité. Nous constatons déjà dans notre service une recrudescence de cas depuis début mars tant pour les bronchiolites que pour les gastro-entérites. » Muriel Van Varenbergh recommande donc « de rester attentifs aux infections qui pourraient survenir dans les semaines qui viennent chez de jeunes enfants même si les beaux jours reviennent. »

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