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Covid-19 et pollens: existe-t-il un lien?

Un article interpellant est paru dans la célèbre revue Proceedings of the National Academy of Sciences concernant la corrélation entre l’épidémie de Covid-19 et les pollinoses. Nous avons rencontré le Dr Patrick Levie, chef du Département Tête et Cou du CHIREC.

Dans l’article paru dernièrement et en libre accès, les auteurs ont voulu vérifier si la pandémie due au SARS-CoV-2 et l’augmentation du nombre de cas sont liées ou non à l’augmentation des pollens. Pour ce faire, ils ont rassemblé les données de 130 stations chargées d’effectuer les relevés polliniques réparties dans 31 pays, essentiellement en Europe et donc aussi en Belgique.

Leur analyse a porté tant sur des données transversales que longitudinales sur le Covid-19, la concentration des pollens en suspension et les facteurs météo. Ils ont également tenu compte des densités de population dans les zones étudiées afin de jauger l’impact des contacts sociaux, mais aussi des mesures de confinement. Selon leurs résultats, le pollen en suspension dans l’air expliquerait une variabilité de 44% du taux d’infection. Ainsi, les taux d’infection ont augmenté après une concentration plus élevée de pollen, le plus souvent au cours des quatre jours précédents. Sans confinement, une augmentation de l’abondance du pollen de 100 pollens/m3 a entraîné une augmentation moyenne de 4 % des taux d’infection. En revanche, un confinement complet permettrait de  réduire de moitié les taux d’infection pour des concentrations de pollen similaires. Selon les auteurs, et puisqu’il n’existe pas de mesures possibles pour éviter la propagation aérienne, il convient pour les personnes sensibilisées aux pollens de se protéger en respectant le confinement et en portant un masque.

L’avis de l’expert
« Cet article est intéressant, sa méthodologie est bien réalisée, même si on aimerait qu’il soit confirmé par d’autres études du même type », explique d’emblée le Dr Patrick Levie. « Une allergie aux pollens engendre une augmentation de l’inflammation des muqueuses, ce qui constitue une porte d’entrée importante pour différentes infections. Le risque de contamination accrue chez les patients allergique n’est pas exclusif pour le Covid-19, mais probablement pour tous les agents infectieux. Il faut donc insister sur ce risque auprès des patients allergiques pour qu’ils soignent bien leur allergie afin de diminuer le risque de contamination. » Un des aspects intéressants de cet article concerne le double intérêt du port du masque. « Cette année-ci, nous avons connu un pic très important de pollens de bétulacées (bouleaux, noisetiers, etc.) il y a un mois environ. Or en consultation, je n’ai pas constaté une explosion du nombre de cas. Cela signifie que de porter un masque protège les patients des pollens. » Encore faut-il qu’il le porte à bon escient et qu’ils en changent souvent. « Il est évident que les patients allergiques aux pollens devraient porter un masque quand ils sortent, mais surtout lors de promenades dans nos campagnes, alors que l’on permet justement de l’enlever dans les endroits où la densité de la population est moindre. D’ailleurs, depuis toujours, on conseille à nos patients allergiques de porter également des lunettes afin de réduire les atteintes oculaires. »

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