Une clinique du périnée a été développée sur le site de Ste-Anne St-Remi pour offrir une prise en charge transversale des pathologies pelvi-périnéales. Elle réunit, autour de chaque patient, les expertises urologiques, gynécologiques, proctologiques, digestives, radiologiques, psychologiques, sexologiques, algologiques et de rééducation, afin de réduire l’errance diagnostique et de proposer un parcours de soins cohérent, personnalisé et coordonné avec le médecin traitant.
Les spécificités de la Clinique du périnée
La Clinique du périnée s’adresse aux patients présentant des douleurs chroniques, des troubles fonctionnels urinaires, génitaux, digestifs ou sexuels, ainsi qu’à ceux dont la symptomatologie se situe à l’interface de plusieurs disciplines. Ce sont souvent des patients complexes, ayant déjà consulté plusieurs intervenants, avec des symptômes fluctuants, parfois invalidants, et un retentissement majeur sur la qualité de vie. « Notre spécificité est d’offrir une lecture clinique globale de ces tableaux. Le périnée ne peut pas être analyse uniquement sous l’angle urologique. Les douleurs et dysfonctions peuvent associer une composante gynécologique, anorectale, musculo-ligamentaire, neuropathique, psychosexuelle ou post-chirurgicale. D’où la nécessité d’un langage commun entre spécialités et d’une orientation rapide vers les bons examens et les bons traitements. », explique le Dr Ayhan Bakar, chef du service d’Urologie de la Clinique Ste-Anne St-Remi.
La clinique s’inscrit donc comme une plateforme de recours multidisciplinaire, avec une volonté simple : faire gagner du temps au patient et au médecin traitant, en centralisant l’expertise et en structurant la prise en charge.
Les traitements proposés
La prise en charge est adaptée à chaque situation clinique. Elle peut combiner plusieurs axes thérapeutiques selon la symptomatologie, l’ancienneté des plaintes, les antécédents chirurgicaux ou obstétricaux et le retentissement fonctionnel.
- Évaluation spécialisée initiale : anamnèse détaillée, examen clinique cible, identification du phénotypage douloureux et fonctionnel, orientation vers les examens complémentaires utiles.
- Traitements médicaux : antalgiques, traitements des douleurs neuropathiques, thérapeutiques urinaires, prise en charge de l’hyperactivité vésicale ou de certains troubles fonctionnels associés.
- Rééducation pelvi-périnéale spécialisée : travail musculaire, relaxation, biofeedback, prise en charge fonctionnelle des troubles urinaires, anorectaux ou sexuels.
- Infiltrations et techniques interventionnelles lorsque cela est indiqué dans la stratégie antalgique ou diagnostique.
- Traitements chirurgicaux dans les indications retenues, tant sur les plans urologique que digestif ou de la statique pelvienne, en fonction des constats cliniques et des avis spécialisés.
- Imagerie et bilan radiologique cibles, notamment lorsqu’une évaluation morphologique ou dynamique est nécessaire à la compréhension du tableau.
Une collaboration étroite avec des consultations en gynécologie, psychologie et sexologie
Cette approche prend tout son sens grâce à la collaboration étroite avec la gynécologie, notamment avec le Dr Catherine Dath, gynécologue spécialisée dans la douleur périnéale. La dimension gynécologique est essentielle dans de nombreux tableaux de douleurs pelviennes chroniques, dyspareunies, douleurs cicatricielles, dysfonctions du plancher pelvien et situations post-obstétricales. Son expertise permet d’affiner le diagnostic et d’intégrer les options thérapeutiques appropriées dans une vision commune du parcours de soins. Pour en savoir davantage sur ces consultations axées sur les douleurs pelvi-périnéales, cliquez ici.
La prise en charge peut également mobiliser la psychologue et la sexologue lorsque la douleur chronique, l’anxiété anticipée, l’évitement, la fatigue relationnelle ou le retentissement sur la vie intime deviennent centraux. Chez ces patients, le symptôme ne se limite pas à un organe : il affecte le quotidien, le couple et parfois l’identité corporelle. Intégrer ces compétences n’est pas accessoire, c’est souvent déterminant.
Les messages aux médecins traitants
Le Dr Ayhan Bakar adresse plusieurs messages aux médecins traitants :
- La légitimation clinique : une douleur périnéale ou un syndrome pelvien chronique ne doit pas être banalisé. Ces tableaux sont réels, souvent plurifactoriels, et justifient une évaluation structurée.
- La précocité d’adressage. Plus le patient est orienté tôt, plus on peut limiter les examens répétitifs, les essais thérapeutiques empiriques et la chronicisation du symptôme. Il n’est pas nécessaire d’attendre l’échec de tous les traitements de première ligne pour demander un avis.
- La lisibilité du parcours. Nous souhaitons être une ressource claire pour le médecin traitant : consultation spécialisée, bilan cible, synthèse diagnostique, plan thérapeutique et retour d’information exploitable. Le but n’est pas de dessaisir le médecin traitant du patient, mais au contraire de travailler avec lui.
Le lien avec la clinique de proctologie et les autres disciplines
La relation avec la clinique de proctologie est naturelle et essentielle. Une partie importante des douleurs périnéales, des troubles évacuatoires, des sensations de tension ou de brulure, et de certains syndromes fonctionnels chroniques se situe à l’interface entre l’urologie, la proctologie et la chirurgie digestive. La collaboration avec la chirurgie digestive permet de ne pas cloisonner artificiellement des symptômes qui, dans la vraie vie, se présentent ensemble. Elle favorise des avis croises rapides, une meilleure pertinence des explorations et une prise de décision plus cohérente.
La radiologie occupe également une place importante dans ce dispositif, en particulier lorsqu’une imagerie pelvienne, périnéale ou dynamique peut aider a objectiver certaines anomalies, guider un raisonnement ou exclure une cause structurelle.
Enfin, la gynécologie tient une place centrale dans cette architecture multidisciplinaire. Dans les douleurs pelviennes chroniques, la lecture gynécologique n’est pas seulement complémentaire : elle est souvent indispensable pour comprendre la part hormonale, cicatricielle, musculo-fasciale ou fonctionnelle du symptôme.
Un symposium sur la prise en charge des pathologies périnéales en septembre
Ce symposium aura pour objectif de réunir les différents acteurs impliqués dans la prise en charge des pathologies périnéales autour d’un message simple : mieux reconnaitre, mieux orienter, mieux traiter.
Ce sera l’occasion de mettre en avant l’intérêt d’une approche multidisciplinaire concrète, avec des regards croisés entre urologie, gynécologie, proctologie, chirurgie digestive, radiologie, douleur, psychologie, sexologie et rééducation. « Nous souhaitons que cette rencontre soit utile pour la pratique quotidienne des médecins traitants, avec un contenu très clinique, des situations concrètes et des pistes directement transposables. Au-delà de l’événement lui-même, ce symposium veut aussi porter un signal institutionnel : la prise en charge du périnée mérite une organisation dédiée, parce qu’elle touche a des symptômes fréquents, invalidants, parfois tabous, et trop souvent disperses entre plusieurs consultations sans réel fil conducteur. », conclut le chef du service d’Urologie de Ste-Anne St-Remi.
Contact : Clinique Ste-Anne St-Remi – Service d’Urologie – 02/434 31 11Une clinique du périnée existe aussi sur le site de Braine-l’Alleud et de la Basilique, de même que des consultations se font également sur le site de Delta.