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Covid-19 aux soins intensifs: «Un taux de survie supérieur à la moyenne nationale»

Le Professeur  Daniel De Backer est le chef du département de médecine aigüe des différents sites du CHIREC. Si la crise a pu être gérée de la meilleure façon qui soit, c’est grâce à la collaboration de chacun. Toutefois, ce n’est pas parce que cette première vague est passée que tout est fini pour autant, avertit l’intensiviste…

« Sur nos trois sites, nous avons pris en charge environ 120 patients dans les unités de soins intensifs et la survie que nous avons eue est très bonne puisqu’elle est supérieure à 85%, ce qui est plus important que la moyenne nationale. Et si on ne considère que les patients ventilés au respirateur, ce taux dépasse les 70%, ce qui est également supérieur à la moyenne nationale. Ces bons résultats reflètent un travail d’équipe au sein des USI, mais aussi des autres services hospitaliers. L’ouverture des unités supplémentaires notamment en salle de réveil et en hôpital de jour nous a permis de faire face à cet afflux de patients, principalement en mars et en avril », explique le Pr Daniel De Backer.

Tsunami
Il tient à préciser que la capacité habituelle des 33 lits avec respirateur a été largement dépassée puisqu’ils ont accueilli jusqu’à 50 patients au respirateur. Tout le personnel soignant est venu en aide face à cet afflux et pas seulement les anesthésistes, mais aussi des candidats résidents, des internistes et même des orthopédistes. C’est cette solidarité médicale, du personnel infirmier, paramédical et logistique qui nous a permis de faire face à cette première vague. Concernant le personnel infirmier, l’intensiviste souligne leur travail spectaculaire, car les patients Covid nécessitaient une attention très importante tant du point de vue des soins que d’un point de vue psychologique au vu de leur isolement.

A long terme
« La phase actuelle est évidemment plus calme, mais il faut se rappeler que le séjour au soins intensifs de ces patients a été très long et cela a généré différents problèmes. Les patients développent une neuropathie acquise durant cette période due à la sévérité de la maladie et aux mécanismes inflammatoires, mais aussi aux médicaments et en particulier ce que l’on a appelé les paralysants neuromusculaires. Il faut se souvenir que ces neuropathies prennent du temps à guérir et génèrent une faiblesse importante liée aussi à une sarcopénie. La durée de ventilation a joué également un rôle puisque beaucoup de ces patients sont restés au respirateur pendant 2 ou 3 semaines en décubitus ventral, ce qui est beaucoup plus que ce que nous rencontrons habituellement. Ces patients malgré les soins de kinésithérapie, vont développer une faiblesse neuromusculaire à long terme. Au niveau pulmonaire, la maladie provoque une phase de fibrose. La plupart des patients récupèrent une fonction pulmonaire correcte. » Toutefois, les études ont montré qu’avec le SRAS-Cov-1, les patients mettaient 6 à 9 mois avant de revenir à la normale.

Sortie d’USI
«La plupart des patients seront capables de rentrer à domicile et d’effectuer des activités de base. Pour d’autres activités plus fines ou demandant plus d’énergie, cela peut être plus compliqué et demandera plus de temps. Il y a donc pour nos collègues généralistes, mais aussi pour les kinésithérapeutes et probablement les psychologues une prise en charge à long terme à prévoir à domicile. Ces patients vont donc devoir se battre dans les mois qui viennent. » La collaboration avec les médecins généralistes et les autres membres du personnel soignant demeure donc indispensable pour un bon suivi des patients.

> Retrouvez le Pr De Backer dans une interview vidéo pour MedFlix

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